Reprenant une estampe – existante dans les collections de la maison de Chateaubriand (GE.961.24) – destinée à illustrer le roman, la scène se déroule au milieu d’un paysage lacustre que des colonnes et une pyramide situent dans une contrée lointaine. Un genou à terre, Chactas, jeune Indien identifiable à son pagne, son arc et son carquois, se tient la tête de désolation. Face à lui se trouve Lopez, richement vêtu à l’européenne, les mains jointes en signe d’imploration. Cette action poignante illustre les adieux de Chactas, désireux de retourner vivre dans le désert, à son père adoptif qui tente en vain de le retenir : « […] “Ô mon père ! tu le vois toi-même : je meurs si je ne reprends la vie de l’Indien”. Lopez, frappé d’étonnement, […] voyant que j’étais résolu à tout entreprendre, fondant en pleurs et me serrant dans ses bras : “Va, s’écria-t-il, enfant de la nature ! reprends cette indépendance de l’homme, que Lopez ne te veut point ravir” ».

Éventail orné d'une scène représentant Les Adieux de Chactas à Lopez, vers 1810-1820, papier, bois, pigments
Maison de Chateaubriand, inv. 2024.3.1
© CD92/MDC
Les adieux de Chactas à Lopès, graveur anonyme, Boulard, marchand d'estampes, s.d., aquatinte et eau-forte sur papier vélin
Maison de Chateaubriand, inv. GE.961.24
© CD92/MDC